septembre 2019

Ayant troqué son short pour la robe d’avocat depuis plus de vingt-cinq ans, Gilles Peycelon est un exemple atypique dans le milieu. Il était présent, samedi, au trophée Fort et Vert.

Comment avez-vous vécu vos années au sein de PASSE au sortir de la caisse noire ?

« J’ai gravi tous les échelons dans le club depuis pupilles, donc c’était quelque chose de particulier. J’étais dans les tribunes pour Split, Kiev et Glasgow. Le jour où j’ai porté ce maillot en tant que professionnel, c’était un rêve éveillé. Étonnamment, cela s’est fait au moment où j’allais quitter le club, et les dirigeants m’ont proposé un contrat stagiaire pro au cas où, et je suis resté pendant six saisons.

 

Étant un teigneux sur le terrain, cela se retrouve aussi dans la manière de gérer les dossiers avec pugnacité et humilité

 

Il y a eu des évènements marquants mais souvent malheureux. Tout d’abord, il y a eu la caisse noire, puis la descente en barrage face au Matra Racing, alors que nous avions fait un bon match aller, pour perdre à Geoffroy-Guichard 2-1 devant 50 000 spectateurs. On a ensuite reconstruit le club en D2 avec Roger Milla et plein de copains, et ce fut une superbe aventure.
Nous avions l’amour du club, et c’est ce qui nous poussait, nous voulions absolument le ramener en Dl. »

Vous êtes ensuite parti à Niort, avant de raccrocher les crampons progressivement, afin de démarrer une autre carrière. Comment cela s’est construit ?

 

« Robert Herbin étant revenu, il voulait renouveler l’effectif, donc je suis parti. Là aussi, il y a eu un bon début mais le club étant un château de cartes, il n’y avait pas de structure et ça s’est liquéfié, notamment à cause de conflit de personnes. J’ai arrêté au bout de deux ans et c’est là que j’ai décidé de me lancer pleinement dans ma reconversion. J’avais déjà une maîtrise de droit en parallèle de ma carrière amateur suivant mon bac, soit quatre années de plus. Je me suis dit que j’allais récupérer ma mai-son à Saint-Étienne, pour jouer sous la houlette d’Hervé Revelli à Saint-Priest, et je me suis mis au niveau à la faculté. J’ai passé mes examens et ça a marché. J’ai réussi du premier coup, et en 1992, j’ai prêté serment à l’école d’avocat pour me lancer définitivement. Étant un teigneux sur le terrain, cela se retrouve aussi dans la manière de gérer les dossiers avec pugnacité et humilité. Car comme en football où les matchs ne se ressemblent pas, on peut être un héros à la sortie d’un dossier, avant d’être critiqué au suivant. »

 

Propos recueillis par Judicael BISSARDON

Du short à la robe, une vie
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