Une robe noire pour un maillot vert

septembre 2002

Gilles Peycelon n’a jamais vraiment quit­té le rectangle vert. L’ancien demi-défen­sif devenu avocat a même été rattrapé par le foot à la barre, lorsqu’il lui fallut défendre, en mai dernier, les intérêts de Gérard Soler, ancien manager des Verts, dans l’affaire des faux passeports de l’Association Sportive de Saint-Etienne (ASSE) . Stéphanois de naissance, Gilles Peycelon avoue être « attaché à vie » au maillot vert , qu’il a porté pendant dix-huit ans. Élevé dans le « Chaudron » (le stade Geoffroy-Guichard, ndlr), comme sup­porter et comme joueur, il a mené de front, jusqu’en 1981, ses études de droit et sa carrière sportive, réussissant aussi à concilier deux vies de foot­balleur, à l’ASSE le week-end et en semaine dans l’équipe universitaire stéphanoise, qui parvint aux stades de la demi­ finale et de la finale du cham­pionnat de France deux ans de suite. Ce qui lui valut d’ailleurs d’être repéré par l’université canadienne de Sherbrooke, qui l’intégra dans son équipe de soccer. Une saison qu’il boucla comme meilleur buteur avec quinze tirs réussis.

Sollicité par de nombreux clubs à son retour en France, il signa son premier contrat de stagiaire professionnel avec l’ASSE. Deux mois plus tard, il réalisait son « rêve de gosse » en foulant la pelouse de Geoffroy-Guichard, avec l’équipe fanion. Embarqué malgré lui dans la tour- mente de la caisse noire, il vécut la descente en deuxième division puis « deux saisons fantastiques », avant la remontée en première division avec Robert Herbin comme entraîneur, avant d’ être transféré chez les Chamois niortais en 1988. Deux ans plus tard, les difficultés financières du club l’incitèrent à résilier son contrat professionnel. A tren­ te ans, l’ heure de la reconversion avait sonné.

 » Après dix ans de vestiaire, il a été difficile de revenir au langage juridique « , reconnaît Gilles Peycelon , qui ne remisa pas tout à fait ses crampons. Engagé par Hervé Revelli dans l ‘équipe de Saint-Priest , en troisième division, il suivait parallèlement, en auditeur libre, le DEA de droit des contentieux. Il réussit le concours d’entrée du centre de formation professionnelle des avocats et, quatorze mois plus tard, prête serment après avoir mis un terme à sa carrière de footballeur à Andrézieux-Bouthéon.

Installé à Saint-Etienne, Maître Peycelon manifeste tou­jours beaucoup d’ intérêt  » pour l’évolution du sport et du football en particulier  » et il ne refuserait pas d' » avoir des responsabilités juridiques dans un club « , ou de mettre ses talents d’avocat au service des joueurs comme agent. Avec son franc- parler habituel, il tacle volontiers le monde du football qui vit, selon lui,  » en autarcie « , et  » lave trop son linge sale en famil­le, en dehors du droit.  » Déjà, lorsqu’il était membre du comité directeur de l’ Union nationale des footballeur s professionnels, il avait déploré que l’ UNFP ne se constituât point partie civile dans l’affaire OM – Valenciennes où s’illustra tristement Bernard Tapie . Gilles Peycelon n’a décidément pas troqué son maillot vert pour une robe noire, un maillot qu’ il arbore toujours avec fierté lorsqu’il joue pour le plaisir, avec les anciens Verts.

Du short à la robe, une vie
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